Comment vous est venue l’idée d’entreprendre ?

J’ai obtenu mon Master 2 à Sup de Pub, où nous sommes énormément sensibilisés à l’entrepreneuriat. Pour valider notre Master 2, il faut créer un start-up et pitcher son projet devant un jury de professionnels.

Grâce à cette expérience, j’ai compris que je voulais, à ma manière, contribuer au développement du continent africain. J’ai donc fondé Nawaari, initialement une agence de communication dans laquelle nous embauchions des professionnels en Afrique. En réponse aux très nombreuses candidatures que nous recevions, nous avons créé la première plateforme de freelances africains.

Aujourd’hui, j’entreprends car je souhaite contribuer au développement du continent, par la création d’emplois. Nawaari permet aux entrepreneurs européens et aux TPE qui ont des petits budgets de communication de mener à bien leurs projets digitaux, allant de la création de site web à la refonte de l’identité visuelle de la société. Nous sommes une plateforme solidaire de mise en relation entre freelances africains et entreprises internationales.

Quels sont vos principaux défis aujourd’hui ?

L’un de nos grands défis, qui est aussi important en Afrique, est celui de la formation. Afin de rejoindre Nawaari, les profils de freelance sont vérifiés et chaque candidat passe un entretien de qualification avant de pouvoir proposer ses services sur la plateforme. Nous allons bientôt proposer une certification pour les métiers digitaux, afin de permettre à nos freelances de monter en compétences.

L’autre défi majeur est le fait que le modèle de freelance est encore peu répandu en Afrique. Il est apparenté au secteur informel, donc l’adoption d’une légalisation autour du statut de freelance dans les pays africains pour lesquels cela n’existe pas encore contribuerait au développement de cette pratique.

Entreprendre en 3 mots

Audace, résilience, rigueur.

Comment interprétez-vous le fait d’être issue de la diaspora ? Une richesse ? Un frein ?

Être issu de la diaspora est une chance, une bénédiction je dirais même. Nous avons la chance de pouvoir activer plusieurs leviers, d’intégrer des réseaux solidaires basés sur la culture et de créer des synergies entre les différentes compétences.

L’essentiel est de ne pas s’enfermer dans le seul écosystème de la diaspora et de pouvoir s’ouvrir au monde.