Comment vous est venue l’idée d’entreprendre ?

Mes proches vous diraient que l’entrepreneuriat fait partie de mon ADN.

Pour faire plus particulièrement référence à Grow Up Markets, l’idée m’est venue quand j’étais encore salariée. J’ai baigné pendant plus de 8 ans dans le domaine de l’innovation, accompagné de belles entreprises de toutes tailles (de la TPE aux grands groupes) de différents secteurs d’activités. A ce stade, un premier constat : beaucoup d’entre elles sont en constante recherche de nouveaux leviers de croissance.

D’autre part, je suis originaire d’un continent où il y a encore beaucoup à faire, un continent qui peut bénéficier des avancées techniques et technologiques de ces entreprises. J’ai alors voulu savoir comment je pouvais allier le développement économique de ces entreprises françaises en répondant aux enjeux de développement de l’Afrique.

On est tous, d’une certaine façon et à des échelles différentes, en quête de « sens ». Et chez moi, ce sens se traduit par l’envie d’emmener, d’aider ces entreprises technologiques et innovantes à changer le monde en faisant grandir l’Afrique.

Pourriez-vous partager avec nous un bon souvenir de votre parcours entrepreneurial ?

L’un de mes plus beaux souvenirs était au Sénégal, au cours de l’une des étapes de concrétisation de mon projet.

Dans cette démarche entrepreneuriale qui a une forte dimension inclusive, je suis allée à la rencontre d’un certain nombre de jeunes pour étudier, comprendre et co-construire avec eux une façon de mettre en place un moyen de les intégrer à des ambitions de croissance de certaines entreprises étrangères.

C’était un moment de partage inédit avec des jeunes, entrepreneurs dans l’âme, qui en veulent et qui aujourd’hui constituent des ressources avec lesquelles j’ai envie de partager mon ambition de créer de nouvelles formes de relations de travail entre l’Europe et l’Afrique.

Entreprendre en 3 mots

Risque : il nous arrive de sauter sans filet de sécurité, d’aller vers l’inconnu sans avoir connaissance de ce qui nous y attend.

Dépassement : sortir de sa zone confort, être confronté à des situations inconnues et ultra stressantes.

Résilience : des hauts et des bas, savoir se relever quand on tombe, puiser dans nos échecs pour avancer… en sortir plus grand.

Quels sont vos principaux défis aujourd’hui ?

Il y en a plusieurs. Ils sont à la fois d’ordre structurel, propres à l’entreprise et aux marchés.

Sur le premier point, le principal défi est d’enrichir le modèle d’accompagnement actuel en introduisant de nouveaux codes d’internationalisation des entreprises vers l’Afrique. Au-delà du fait d’associer le développement économique à l’impact social, chose qui me tient à cœur, j’aimerai réussir à mettre en place un modèle qui favorise le transfert de compétences. L’objectif global étant d’insérer ces entreprises et les territoires ciblés, dans un schéma de collaboration gagnant-gagnant.

En ce qui concerne l’accès aux marchés, j’aimerai réussir à « sensibiliser » davantage. L’enjeu est d’arriver à changer la perception du risque qu’ont les entreprises vis-à-vis de ces territoires émergents. L’Afrique a ses codes, et réussir à adapter vos produits et vos innovations aux spécificités locales ne demandera pas particulièrement plus d’efforts que ceux que vous déploieriez en Asie. C’est là tout l’intérêt de se baser sur des profils qui connaissent les réalités de ces pays.

Quels sont vos projets d’avenir ?

Évidemment, grandir, embarquer un certain nombre de talents, et encore plus d’entreprises dans cette aventure.

Pour faire un focus sur la croissance, mon ambition est de voir Grow Up Markets intégrer des profils comme le mien (issus de deux mondes), des profils qui ont l’expérience (marché, socio-culturelle, etc.) des deux continents. J’aimerais réussir à les impliquer davantage, ceci pour la simple et bonne raison que ce sont eux la clé de la réussite d’une belle collaboration entre l’Afrique et la France.

Et pour finir, le plus gros projet consiste en la mise en place d’un accompagnement dans l’autre sens. C’est-à-dire mettre en lumière les entreprises et compétences africaines et les greffer à des enjeux de développement à l’échelle européenne.

L’objectif à terme est donc de réussir à créer une dynamique qui va dans les deux sens.