Comment vous est venue l’idée d’entreprendre ?

L’idée d’entreprendre est venue, comme c’est souvent le cas, d’une expérience personnelle ou plutôt devrais-je dire d’une épreuve considérable face à laquelle je me suis retrouvé il y a une dizaine d’années maintenant, au Cameroun. J’étais alors encore étudiant lorsqu’en 2009, j’ai décroché une admission dans une grande école de commerce à Paris. Pour moi, la France m’ouvrait ses bras et le rêve prenait forme, mais le chemin allait s’avérer encore long : ma demande de visa n’a pas tardé à se transformer en véritable parcours du combattant ! En plus d’avoir à démontrer ma motivation, je devais encore prouver mes capacités financières, trouver le bon logement en France, contracter les assurances obligatoires, et ce en quelques jours, sans assistance, et de fait, je me trouvais obligé de réunir ces solutions-là dans mon pays d’origine, pour le meilleur ou le pire. C’est à ce moment précis que je réalisais que cette situation inadaptée devait évoluer. Nous, les grands frères, devions lancer un pont, balisé, sécurisé, aux générations suivantes. Nous leur devions un véritable accompagnement innovant, personnalisé et de confiance. Innovant, car nous devions inventer un nouveau modèle qui n’existait pas. Personnalisé, car chaque projet d’étude en France est unique. De confiance, car c’est ce qui manque le plus aux étudiants pleins de rêves pris dans cette galère. Alors, après quelques années en tant que salarié dans plusieurs grandes sociétés françaises, j’ai décidé de fonder Studely en m’associant avec d’autres anciens étudiants qui, comme moi, avait eu le même problème.

Comment s’est passé votre processus de levée de fond / recherche de financement ?

Nous n’avons pas encore achevé notre processus de levée de fonds. C’est chargé !

Entreprendre en 3 mots

Rêver, oser et exécuter

Comment interprétez-vous le fait d’être issu de la diaspora ? Une richesse ? Un frein ?

Dans le cadre du développement de Studely, notre objet étant notamment de tirer des ponts entre générations mais aussi avec le continent africain, cette notion de diaspora s’impose rapidement comme incontournable. Mais je pense qu’il s’agit aussi d’une question de posture : pour ma part, j’ai choisi de prendre le fait d’être issu de la diaspora africaine comme un atout. Je suis fier que nous apportions un supplément de diversité dans le paysage entrepreneurial français. Pour cela j’ai pu compter aussi sur la solidarité d’associations et plus encore sur différents programmes publics (French Tech Tremplin; Bond’Innov) qui nous ont aidé à gagner en confiance, en crédibilité et à enfin oser ! C’est une chance inouïe, dont on parle peu et vers laquelle j’invite tous les jeunes de la diaspora, d’où qu’ils viennent, dès lors qu’ils veulent entreprendre et préparer le monde de demain.