Comment vous est venue l’idée d’entreprendre ?

Nathalie BIRAC ​: J’ai entrepris pour être utile et apporter ma vision. Je souhaitais avoir une prise sur trois dimensions : le réel, le futur et les obstacles. Mohammad Yunus m’a inspirée, ainsi que les lauréats du prix Nobel Esther Duflo et Abhijit Banerjee et l’émergence des nouvelles technologies telles que l’intelligence artificielle et la blockchain mises au service des humains, dans le présent et dans le futur.

Jihane RANGAMA ​:​ L’idée d’entreprendre m’est venue d’un désir d’aller plus loin dans mon engagement professionnel dédié à l’accès universel aux services essentiels, en étant pilote de ma propre initiative.

Nicolas MILLE ​:​ ​Si de nombreuses opportunités auraient pu répondre à mes envies de partage, de transparence ou d’entraide, seul l’entrepreneuriat m’a laissé entrevoir la possibilité d’allier mes valeurs et mes aspirations.

Aubin KITIO : Après avoir travaillé dans le secteur de la banque, mon objectif de vie est devenu de mettre le financement au service des besoins essentiels à la vie et de permettre aux plus jeunes de rêver.

Alex SEA : Je pense qu’en Afrique, devenir entrepreneur est une inclinaison naturelle. Les opportunités sont nombreuses pour développer des solutions lorsque l’on en a l’envie.

Comment est-ce que Finz fonctionne ? 

Nathalie BIRAC ​: ​Finz a été créé pour révolutionner le financement de projets facilitant l’accès à l’eau, à l’énergie, à un environnement de qualité, à la santé et au respect des droits humains dans les pays africains, ainsi qu’en Inde et en Océanie.

N​otre algorithme propriétaire ​accompagne et analyse des porteurs de projets dont les activités sont essentielles, en vue de « dé-risquer » l​a décision du financeur (fonds de dotation, fondations, banques, institutionnels).​ Finz​ fournit les données et le suivi d’impact, qui sont des conditions nécessaires au financement.

 Comment s’est passé votre processus de levée de fonds / recherche de financement ?

Nathalie BIRAC ​: ​Nous sommes au début de notre recherche de financement. Même si nous avons déjà signé des contrats avec des clients prestigieux comme les Nations unies au Burkina Faso, nous constatons déjà que les fonds disponibles ne s’adressent pas aux entreprises comme la nôtre qui font le pont entre la France et d’autres pays, notamment en Afrique. Souvent, les dispositifs s’arrêtent à ce qui se passe en France, or nous aurions besoin d’un dispositif de financement à notre image : multi-pays, agile et itératif comme le sont les diasporas !

Entreprendre en quelques mots

Nathalie BIRAC ​: Entreprendre, c’est « définir sa propre place dans le monde ».

Jihane RANGAMA ​:​ ​Entreprendre c’est vouloir ​impacter, innover ​et​ rêver tout à la fois !

Nicolas MILLE ​:​ ​Pour moi, entreprendre, c’est ​partager​ ses​ savoir-faire​ pour l’​aveni​r.

Aubin KITIO : Entreprendre c’est se ​passionner​ du ​nouveau​ et de l’​utile.

Alex SEA : Aimer, comprendre, solutionner.

Comment interprétez-vous le fait d’être issus de la diaspora ? Une richesse ? Un frein ?

Nathalie BIRAC ​: Chez Finz, nous sommes tous issus de la diaspora, que ce soit d’ailleurs en Europe, d’Afrique ou d’Asie. J’ai par exemple passé mon enfance entre la Côte d’Ivoire, l’Angleterre, l’Allemagne et différentes villes de France. Parmi mes co-fondateurs, deux ont grandi au Cameroun et l’un est Ivoirien. A la fin de la journée, il ne reste que l’humain, ses valeurs et ses moyens d’action sur le monde. C’est Finz !

Jihane RANGAMA ​:​​ Être issue d’un environnement multiculturel est selon moi une force. Mes origines bi-culturelles entre l’Afrique du Nord et l’océan Indien ont été vectrices de valeurs auxquelles je crois fortement et qui sont à la source de mon engagement : la tolérance, l’ouverture d’esprit et le sens du bien commun.

Nicolas MILLE ​:​ Bien que né en France, j’ai passé une grande partie de mon enfance à l’étranger, notamment en Afrique de l’Ouest et dans l’océan Indien. Aujourd’hui, je ressens toujours la magie de ces expériences sur lesquelles reposent mes valeurs et ma confiance en l’avenir.

Aubin KITIO : Être issu de la diaspora africaine est une belle richesse. Je suis né au Cameroun. J’ai vécu au Gabon, puis au Bénin et participé à construire des solutions innovantes pour les populations béninoises et burkinabè. C’est un sublime mélange de cultures et de comportements que je n’échangerai pour rien au monde.

Alex SEA : Avoir vécu et travaillé dans plusieurs pays autres que le sien apporte forcément une richesse intellectuelle, culturelle, beaucoup d’empathie et surtout un pragmatisme nécessaire dans la proposition de valeurs. Et tout cela fait Finz.