Comment vous est venue l’idée d’être chef ? 

J’ai commencé à cuisiner avec ma mère et ma grand-mère à l’âge de 9 ans. Petit à petit je me suis rendu compte que la cuisine était un lieu que j’affectionnais particulièrement. En grandissant, l’idée d’en faire un métier devint de plus en plus pressante. Je suis donc arrivée en France pour me former en école hôtelière, où j’ai découvert des personnages incontournables de la cuisine française comme Auguste Escoffier, Antonin Carême, Paul Bocuse. Là ce fut la révélation !

Citez un plat typique du Gabon et votre plat préféré à cuisiner.

La soupe de taros est un plat typique et l’un de mes plats préférés à cuisiner. Ce plat me rappelle les vacances chez ma grand-mère, les soirées autour de la lampe tempête à rigoler avec les cousins, soit les meilleurs souvenirs de mon enfance.

Soupe de taros de ma grand-mère revisitée

Citez une difficulté que vous avez rencontrée à travers votre parcours professionnel.

J’ai toujours du mal à répondre à cette question. Je considère que tout ce que j’ai vécu était un tremplin pour faire de moi ce que je suis aujourd’hui. Du coup j’ai oublié tout ce qui était négatif et je n’ai en mémoire que le positif. S’il faut à tout prix répondre, je dirais que dans ce métier, lorsqu’on est une femme, il faut travailler deux fois plus pour prouver ses compétences.

Quel est votre plus grand succès en tant que chef ?

Inspirer d’autres jeunes dans le milieu de la cuisine, surtout ceux qui sont en Afrique, car la restauration est encore considérée comme une voie de garage, un secteur peu ambitieux n’offrant aucune perspective d’avenir. Par mon histoire, mon parcours, je peux leur montrer que c’est possible quand on y croit, et si l’on s’en donne les moyens.