Ousmane Bocar Diallo travaille actuellement chez BNP Paribas. Il est l’un des membres fondateurs de la Fédération des étudiants et stagiaires sénégalais de France (FESSEF), un réseau d’une quarantaine d’associations. Il est par ailleurs Fondateur et Président du Groupe Mobilités et Carrières, qui fournit des logements pour les étudiants étrangers qui arrivent en France et l’auteur du livre Mobilité étudiante et professionnelle en France, enjeux et réalités pour le Sénégal, paru en 2020. Il est aujourd’hui Coordonnateur de la Fédération d’associations de la diaspora africaine de France (FADAF), lancée le 5 juin 2021.

Pouvez-vous décrire le projet en quelques mots ?

Mon parcours m’a amené à travailler avec des jeunes de la diaspora et j’ai réalisé que la plupart des communautés travaillent dans leur coin sur des thèmes qui les touchent individuellement.

La FADAF offre l’opportunité pour ces associations de se retrouver en réseau, de s’informer mutuellement des actions menées et réfléchir à la manière de promouvoir des idées en commun. J’en suis devenu le Coordonnateur et nous sommes organisés en cellules, avec notamment pour thème « Art et culture », « Diversité » ou « Entrepreneuriat et insertion professionnelle ».

Nous pensons que le fait que ces associations se soient retrouvées pour constituer un interlocuteur unique nous permettra d’avoir un impact plus fort et de peser davantage sur la scène nationale, que ce soit en termes de propositions de réformes ou de décisions politiques.

Comment vous est venue l’idée de former l’association ?

Je souhaitais dupliquer ce que j’ai réussi à faire avec la FESSEF pour les problématiques étudiantes. En observant le paysage associatif, j’ai réalisé que lorsqu’il y a de grands événements, plusieurs structures s’y retrouvent et défendent les mêmes choses, mais ne se connaissent pas. Je souhaitais donc promouvoir plus largement les projets portés par la diaspora et permettre aux jeunes Africains de se retrouver. Je crois en la force du réseau : lorsqu’il y a une problématique, la solution peut être trouvée au sein de celui-ci.

Comment interprétez-vous la place des diasporas africaines aujourd’hui ?

La diaspora africaine a aujourd’hui une place minime dans le débat public. On ne met pas assez en avant cette jeunesse qui entreprend. A travers l’association, nous voulons montrer que cette jeunesse prépare l’avenir et nous souhaitons qu’elle puisse participer au débat.

Toutefois, nous avons la chance d’avoir en France des organisations qui reconnaissent le grand potentiel de l’Afrique, à la fois humain au travers des diasporas et de leur énergie, et économique, avec la volonté de mettre à disposition des financements pour faire rayonner l’Afrique. Je pense au Conseil présidentiel pour l’Afrique bien sûr, à l’AFD, à Bpifrance, à Business France, …

Notre association cherche à mettre en place des actions concrètes, orientées vers les intérêts des Africains et des diasporas.

Un dernier message ?

Je suis un acteur associatif depuis plus de dix ans. Si on canalise notre énergie pour faire évoluer les choses, c’est pour le bien du continent et de nos pays d’accueil. Je suis un partisan du concret et j’agis sans aucune arrière-pensée. J’invite donc tous les lecteurs à nous encourager dans cet effort !