[Tribune] – 12 mai 2020

Par Wilfrid Lauriano do Rego et Benjamin Romain

Coronavirus

Fait inédit depuis la peste du XIVe siècle et la grippe espagnole de 1918, le coronavirus affecte aujourd’hui l’ensemble de la population mondiale. Parti de Wuhan, en Chine, il aurait déjà fait plus de 280 000 morts et a réduit à vivre en confinement près de la moitié de l’humanité – plus de 3 milliards de personnes ! Il pousse les gouvernants de ce monde à mettre en œuvre des mesures d’urgence inédites par leur ampleur. Il doit aussi les pousser à réfléchir à plus long terme, au « monde d’après ».

Pour l’Afrique, sur le plan de l’industrie et de la logistique, ce « monde d’après » peut rimer avec trois verbes, qui représentent autant d’opportunités à saisir pour le continent : localiser (la production sur le sol africain), diversifier (les partenaires commerciaux) et simplifier (sa logistique).

Pneus en Côte d’Ivoire, meubles au Gabon…

L’Afrique peut profiter de l’après-crise, et notamment des mouvements tectoniques qu’elle pourrait déclencher en Chine et en Asie, pour repenser son industrie. D’abord en la localisant sur le continent et en servant ses propres marchés avec sa production locale. Les pneus pourraient être produits dans les pays où pousse l’hévéa et où existent des marchés automobiles développés, notamment la Côte d’Ivoire ou le Nigeria (où ont existé jusqu’à trois usines de pneumatiques, qui ont depuis fermé). Le bassin du Congo pourrait devenir une place forte dans la production de meubles, à l’image des usines du complexe de Nkok, au Gabon. Les jus de mangue, de fruit de la passion, d’ananas des marchés de Bamako et de Dakar devraient cesser d’être « made in Thaïlande » et provenir d’usines de transformation nationales ou sous-régionales, à l’image de l’usine de jus Sobema, au Mali. Une solution à la fois plus logique, plus économique et plus écologique, que devrait renforcer la création de la Zone de libre-échange continentale (ZLEC).

* Wilfrid Lauriano do Rego est coordonnateur du Conseil présidentiel pour l’Afrique et président du conseil de surveillance de KPMG France

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