La raison d’être de Benoo Energies est de favoriser la transition énergétique et la transformation digitale en Afrique. Pour cela, nous facilitons l’accès à des équipements efficients (kits solaires, mini-réseaux, équipements productifs) et à des outils digitaux adaptés (application mobile “Rubize” pour les ventes et les commandes). Nous travaillons en partenariat avec les acteurs de l’énergie solaire hors réseau. Nos clients sont des groupes français désirant accéder au marché local africain. Nous créons de la valeur partagée en France où nous développons notre technologie et en Afrique ou nous la mettons en application. Nous croyons en un développement économique soutenable qui passe par la transition vers des énergies bas carbone, une recherche d’efficience énergétique dans les processus de production et une optimisation des chaînes de distribution.

Quelles sont vos clés du succès pour l’entrepreneuriat des diasporas ?

« Se rappeler qu’être une diaspora est un atout, un plus sur la ligne du CV, pas un boulet qu’on traîne au pied. C’est une compétence supplémentaire. Avant d’être diaspora on est français ou du moins des contributeurs au PIB français, il faut se donner le droit de réussir en France. Entreprendre vers la zone d’origine doit être un choix libre, lié à une opportunité d’entreprendre. L’entreprenariat pour tout le monde c’est la prise de responsabilité, le pouvoir de choisir. Il faut s’extraire des débats du passé et s’inscrire dans le rôle qu’on veut jouer dès aujourd’hui. »

Quels sont vos principaux défis aujourd’hui ?

  • La recherche de financements adaptés pour accélérer
    « Je dois à nouveau rentrer dans un processus de levée de fonds, cette perspective m’effraie. Nous avons levé plus de 1 million d’euros depuis la création mais lever des fonds détourne de l’objectif principal du dirigeant qui est d’être au service de ses clients. Lever des fonds suppose de consacrer 100% de son temps à rencontrer des investisseurs, à rédiger des business plans, et 100% de son temps à chercher des nouveaux clients, des nouveaux marchés pour être sûr de contenter les financeurs. Il faudrait des mécanismes de garantie pour soutenir les efforts de recherche de financement des diasporas. Je ne suis pas pour des fonds dédiés, uniquement des mécanismes de garantie ou de caution qui peuvent apporter plus de confiance aux acteurs classiques du financement, banques et fonds d’investissements. »
  • La visibilité
    « Quand on est membre d’une diaspora, on se retrouve malheureusement dans un “No Man’s Land” : l’accès aux financeurs en France est complexe car souvent on voit un projet risqué au lieu de voir un projet d’innovation. En Afrique, les diasporas sont encore peu épaulées par les acteurs français du financement. Il faudrait soutenir l’action des diasporas ; le concept de diaspora est un immense atout pour le rayonnement de la France d’un point de vue culturel mais surtout économique, c’est pour cela qu’il est indispensable de soutenir leur capacité à devenir des acteurs clés de la création de valeur en France et à l’international. »